La Fondation Audemars Piguet finance un projet
au Mexique
L'Association mexicaine “Conservacion Humana” (CHAC) conduit, sous la supervision d'ARUTAM, une association française de défense des peuples premiers, un projet de sauvegarde des sentiers de pèlerinage des Indiens Huichols du Mexique.
Quelque 18 000 Huichols vivent dans la Sierra Madre Occidentale, au nord du pays. Malgré les tentations de la vie “moderne”, les communautés huicholes ont su préserver leurs traditions, ce qui fait de ce peuple, au milieu de la soixantaine d'ethnies du Mexique, un de ceux qui ont le mieux conservé leurs savoirs millénaires.
Patrimoine mondial
Ce projet de sauvegarde financé par la Fondation Audemars Piguet comporte trois volets: la cartographie du chemin de pèlerinage traditionnel; l'inventaire de la flore, de la faune et des lieux sacrés naturels jalonnant le chemin; le classement de ce chemin en réserve naturelle en vue de son inscription sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO, au même titre que les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Pèlerinage millénaire
Repliés dans la Sierra de Los Huicholes depuis qu'ils ont été dépossédés d'une grande partie de leur territoire ancestral, les Huichols ont continué à effectuer le pèlerinage qui les conduit, après un trajet de cinq cents kilomètres, au désert de Huiricuta, où ils récoltent le peyotl, cactus indispensable à leurs cérémonies traditionnelles, et au lieu sacré du Quemado, près de la petite ville minière de Real de Catorce.
Université itinérante
Le sentier de pèlerinage huichol est une véritable “université itinérante” essentielle au maintien de la culture de ce peuple. Lors du pèlerinage, les Huichols marient, depuis des millénaires, la cueillette de plantes médicinales et de plantes utiles pour leurs divers rituels, l'accomplissement de rites religieux et le rappel, étape par étape, de leur cosmogonie, de leur vision du monde et de leurs savoirs traditionnels.
Menaces
Sur le territoire de l'Etat de Zacatecas, le sentier traverse une succession de biotopes uniques: zones semi-désertiques à la riche flore de cactus, d'agaves et de yuccas, forêts de chênes d'altitudes, zones humides essentielles pour la migration des oiseaux et forêt tropicale dans les canyons séparant les hauts plateaux. La désertification, la pression de l'agriculture et de l'urbanisation représentent une grave menace pour ces biotopes. La faune variée d'oiseaux, de reptiles et de rongeurs paie déjà un lourd tribut à la disparition de leurs habitats naturels.
Urgence
La connaissance du tracé de cheminement ancestral est menacée si elle n'est pas rapidement cartographiée avec l'aide des anciens de la communauté. Les constructions, les cultures et les clôtures barrent le chemin aux pèlerins qui parcouraient le trajet à pied en un mois environ, accompagnée de bêtes de trait. Depuis une vingtaine d'années, le pèlerinage ne se fait plus qu'en camion, et les cheminements ancestraux reliant les lieux sacrés ne survivent plus que dans la mémoire des plus anciens.
Deuxième étape
La portion de sentier située à l'est de Zacatecas, sur le territoire de l'Etat de San Luis Potosi, a été érigée en réserve naturelle en 2000, après six ans de travaux préparatoires. Relayée par l'association française ARUTAM, CHAC termine actuellement la phase préparatoire en vue du classement de ce deuxième tronçon de sentier, grâce au financement de la Fondation Audemars Piguet.
L'aire protégée n'inclut pas seulement le patrimoine naturel, mais aussi le patrimoine historique constitué au long des siècles, notamment les constructions agricoles. Là où cela s'impose, tout sera mis en œuvre pour recréer les anciennes surfaces boisées et les zones humides asséchées; dans la mesure où elle ne menace pas la biodiversité ou le droit de passage des Huichols, l'activité pastorale et agricole est prise en compte dans le projet de classement.