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Unleashing the Beast
21 avril 2014 Héritage

La bête brise ses chaînes

Royal Oak Offshore, Réf. 25721, N° 32

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La mise au point d’un nouveau garde-temps s’apparente souvent à une épopée tumultueuse semée de doutes, de tâtonnements et de défis techniques, où subsiste toujours une appréhension quant à son succès commercial et son accueil par la critique. Le processus de développement de la Royal Oak Offshore, qui a nécessité cinq années, de 1989 et 1993, rappelle par de nombreux aspects l’histoire du modèle dont elle s’inspire : la Royal Oak 1972. Conçue par Gerald Genta au début de la Crise du quartz, celle-ci fait tomber les barrières entre montres de luxe et montres sport, tout en défiant les conventions qui régissent la fabrication et à la finition d’un garde-temps en acier inoxydable. Devenue une véritable icône aux yeux des collectionneurs et des amateurs, la belle résiste fièrement à l’épreuve du temps depuis maintenant plus de quarante ans. Son cheminement vers le succès, est-il besoin de le rappeler, ne s’est pourtant pas fait sans encombre : avant d’entamer son ascension, elle a suscité à parts égales doutes et éloges, réserve et enthousiasme.

La genèse de la Royal Oak Offshore a débuté en 1989, lorsqu’Emmanuel Gueit, jeune designer talentueux de la seconde génération AP, dévoile les ébauches d’un concept révolutionnaire faisant de la Royal Oak une montre plus massive et imposante, capable de résister aux éléments et forces de la nature pour accompagner les collectionneurs dans toutes leurs aventures. Ces esquisses reçoivent un accueil plutôt tiède en interne. Comme pour tant d’autres modèles promis au succès, les premières années du développement de la montre tiennent à la volonté d’un seul homme. Par chance, le projet finit par remporter l’adhésion du vice-président d’AP, qui soutient Emmanuel Gueit et donne à sa création le nom évocateur de Royal Oak Offshore.

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Si la Royal Oak Offshore s’inspire indéniablement du modèle original conçu par Genta, la Royal Oak, son design n’en affiche pas moins des spécificités qui définissent aujourd’hui son identité. Elle se démarque avant tout par son boîtier surdimensionné de 42 mm. Rappelons que les proportions grandiloquentes de la montre, qui ne surprennent plus personne en 2014, ont fait l’effet d’une bombe au salon BaselWorld de 1993 et lui ont valu d’être surnommée « la Bête ». Au-delà d’une taille impressionnante et de l’ajout de la complication chronographe, la Royal Oak Offshore se distingue par  les maillons incurvés de son bracelet, un joint noir imposant entre le boîtier et la lunette, des poussoirs et une couronne recouverts de silicone, ainsi qu’un protège-couronne stylisé. Ses dimensions hors-norme permettent par ailleurs l’insertion d’une protection antimagnétique autour de son mouvement.

Les collectionneurs savent que le modèle était si peu promis au succès que les 100 premiers exemplaires ne portaient pas la désignation Offshore gravée sur l’envers du boîtier. Ainsi, seule l’appellation Royal Oak figure sur cette série initiale. Les premiers modèles de Royal Oak Offshore se distingue également par la boucle déployante du bracelet, rapidement remplacée par une boucle à ouverture plus large. De plus, les maillons amovibles de la série originelle étaient maintenus par quatre vis, une particularité qui a ensuite été repensée pour améliorer la fonctionnalité du bracelet. Enfin, les premiers modèles étaient présentés dans des écrins octogonaux dont le couvercle percé d’un hublot permettait de mieux admirer la montre.

L’exemplaire présenté ici porte le N° 32 et se classe donc parmi les 100 premiers de la série. Il fait partie de la collection permanente du musée Audemars Piguet. La désignation Offshore n’est pas gravée sur l’envers de la montre. Si la palette de couleurs des premiers modèles reprend les codes de la Royal Oak originelle de 1972, les plus observateurs remarqueront toutefois que le motif tapisserie du cadran est légèrement plus large. Les collectionneurs des premières Royal Oak Offshore désireux d’acquérir l’un des 100 modèles inédits trouveront en cet exemplaire toutes les caractéristiques originelles de ces raretés tant encensées.

Plus de vingt ans après son lancement, la « Bête » brise vraiment ses chaînes. La ligne Royal Oak Offshore est l’une des principales plateformes sur lesquelles Audemars Piguet s’est appuyée pour attirer l’attention sur les matériaux novateurs de ses boîtiers et les choix audacieux de la Maison en matière de design. Déclinée en pas moins de 118 variantes au cours des vingt dernières années, elle s’est hissée au rang d’icône symbolisant la fusion des codes esthétiques du luxe et du sport. Lors de son lancement, en 1993, elle créait l’événement dans le monde horloger en défiant toutes les normes. Comme tant d’autres innovations et améliorations signées Audemars Piguet qui l’ont précédée ou suivie, la Royal Oak Offshore a établi de nouveaux standards et inauguré des tendances horlogères inédites. Elle restera indubitablement une grande favorite des collectionneurs et amateurs d’horlogerie, tout en continuant à faire parler d’elle et à susciter un débat porteur pour l’ensemble du monde holorger.