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La Vallée de Joux
3 mars 2012 Royal Oak 40 ans

Le temps est le juge final de l’excellence

Les photographies marquantes résultent de l’alliance inattendue d’ombres et de lumières. Le travail du photographe anglais Dan Holdworth révèle des détails souvent invisibles avec une précision surnaturelle.

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Au travers de son œuvre, Dan Holdsworth cherche à redéfinir les modèles courants de la photographie et incite le spectateur à reconsidérer son rapport au temps qui passe. Interview.

L’architecture, la technologie, la nature et la lumière constituent l’épine dorsale du travail de Dan Holdsworth. Agé de 37 ans, ce photographe britannique cherche à définir les contours d’un nouveau spiritualisme moderne. Il a exposé dans les plus prestigieuses galeries de la Tate Britain, au Centre Pompidou en passant par la Saatchi Gallery. Il nous expose sa conception de l’excellence, notamment en matière d’horlogerie.



 
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  • Dan Holdsworth
    Dan Holdsworth

Que représente pour vous en tant qu’artiste la notion de maîtrise, d’excellence?
Tout d’abord, je dois maîtriser toute une gamme de processus et d’équipements techniques afin de mener à bien mon travail photographique. A chaque étape de la production, je dois rester en contrôle d’un certain nombre d’éléments afin de créer l’image finale. Il s’agit de déterminer le bon emplacement dans le paysage, définir la bonne lumière, la contrôler sur le film (je travaille sur du film couleur grand format négatif), jusqu’à la numérisation, la production de l’impression et la sélection finale. Le contrôle éditorial est un élément clé: il faut maintenir une discipline très rigoureuse pour s’assurer que les bonnes images seront sélectionnées et publiées. Le processus continue jusqu’à la production finale de l’exposition, y compris les considérations des dimensions de l’image et les matériaux de cadrage spécifiques. Il s’agit d’un équilibre finement réglé. Pour atteindre un certain niveau d’excellence, il faut explorer l’inconnu et redéfinir les «modèles» courants. Cela veut dire expérimenter et prendre des risques avec le processus de réalisation de l’image. On comprend clairement le résultat d’une expérience lorsque l’on en comprend le processus.


Pensez-vous avoir déjà atteint l’excellence? Si oui, quand et de quelle manière?
L’excellence est difficile à atteindre, on s’y efforce. Pour moi, cela signifie redéfinir les processus, il faut être très autocritique, conscient et au courant de ce qui s’est passé auparavant dans l’histoire de la photographie et de ce qui se passe actuellement chez ses  pairs. Il faut connaître le travail des photographes qui ont défini la photographie jusqu’à aujourd’hui. L’excellence est aussi quelque chose d’extérieur, un jugement porté par ses  pairs et le public. J’aime penser que je suis jugé comme une personne ayant atteint un certain niveau d’excellence dans son domaine d’activité, mais au-delà de la reconnaissance du public et des pairs, le temps est le juge final de l’excellence.


Comment jouez-vous avec les codes de la photographie?
La photographie, le processus de réalisation d’une image, sont des langages remplis de codes. En ce qui concerne mon travail pour Audemars Piguet par exemple, lorsque je photographie le clair de lune, je me sers d’une exposition longue pour donner suffisamment d’informations afin que le champs visible soit clairement enregistré sur le film. Mais on perçoit aussi le mouvement des étoiles dans l’image, comme des traînées de lumière. On voit aussi un niveau inhabituel de contraste sur l’image et l’on comprend que cela ne peut pas provenir de la lumière du jour. On a affaire à un autre sens de la lumière. Nous comprenons tous que la longueur d’une exposition dans une photographie peut créer certains effets , on comprend que l’on voit un «volume» de lumière recueillie au travers d’une période de temps, une mesure de temps enregistrée dans la lumière. On perçoit que cela doit être un paysage illuminé par la lumière de la lune et cela nous déplace du quotidien, cela induit un sens du temps au-delà du quotidien. Ce qui m’intéresse dans cet exemple c’est de demander au spectateur de considérer le temps et ré-imaginer son rapport au temps au travers d’une expérience particulière avec la lumière. Penser à un rapport au temps plus profond, celui dans lequel notre Terre est liée à des processus qui s’étendent bien au-delà, dans un sens cosmique.


Quelle est votre opinion concernant la notion d’excellence en horlogerie? Voyez-vous des similitudes avec la photographie?
Comme la photographie, l’horlogerie est un produit de la science, un art projeté comme une  vision contenue dans un objet. Enfant, j’étais fasciné par la montre chronographe de mon grand-père. Parfois je me dis que cela a représenté une introduction à ma réflexion sur le «temps», que cela m’a amené à devenir un photographe dont le travail consiste à explorer la nature de notre relation au temps. Il contrôle tout, c’est la valeur qui définit nos vies. Et avoir une mesure de cette notion sous la forme d’une technologie aussi petite et belle amène cette forme vers quelque chose de spirituel. On voit dans l’histoire d’Audemars Piguet l’importance accordée à la relation spirituelle au temps. Ses montres deviennent par conséquent des objets puissamment symboliques.


- Plus d'informations concernant les 40 ans de la Royal Oak dans notre section dédiée.