Eloge de l’acier
Longtemps décrié, l'acier inoxydable s'est installé dans l'univers du luxe grâce à la Royal Oak, modèle devenu rapidement incontournable. Zoom sur un alliage à haut potentiel en matière de collections sportives.
Quand Audemars Piguet lance en 1972 son premier modèle Royal Oak en acier inoxydable, vendu au prix d'une montre de prestige en or, la marque ébranle les valeurs du luxe. Il faut dire que le message véhiculé par ce modèle sportif révolutionnaire est impertinent: la haute horlogerie peut sublimer des montres de prestige sans miser forcément sur des métaux précieux. Dorénavant, c’est le design sportif, la finesse de l’exécution et la qualité du mouvement qui prime.
«L’acier offrant une meilleure résistance aux attaques extérieures que l’or, il était parfait pour une montre de sport. A l’époque, nous l’avons travaillé comme de l’or, en apportant des terminaisons et des finitions haut de gamme au design, notamment des alternances de poli et satiné», explique Claudio Cavaliere, chef de produit horlogerie au sein d’Audemars Piguet. De plus, cette première Royal Oak en acier inoxydable contenait un segment de masse en or. Du coup, Audemars Piguet vendait de l’acier au prix de l’or, mais en mettant de l’or à l’intérieur. «L’idée était de protéger ce métal précieux dans un coffre fort étanche», précise Claudio Cavaliere.
Face au succès de la Royal Oak, d’autres marques de haute horlogerie ont misé sur l’acier, si bien qu’il est devenu quasi indissociable des collections sportives haut de gamme de la concurrence. En parallèle, cette prise de risque a encouragé Audemars Piguet à développer des laboratoires techniques qui se sont depuis spécialisés dans le développement et l’utilisation de nouvelles matières, comme le titane, l’alacrite, le caoutchouc, l’aluminium, le carbone forgé ou la céramique, aussi bien pour l’habillage que pour le mouvement des montres.